Il n'y a que le pouvoir, et ceux qui sont trop faibles pour l'obtenir. | Période jouée; post-septième année alternative.
 
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 I would have butcher the whole world... ♦ Bella <3

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Rodolphus Lestrange

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MessageSujet: I would have butcher the whole world... ♦ Bella <3   Lun 22 Fév - 13:13

Depuis le retour du Lord, le manoir de la famille Malfoy servait de principal domaine de rassemblement des mangemorts, à l’exception, cela va de soi, du Ministère de la magie. Chaque jour, des dizaines d’entre eux se pressaient à l’intérieur, en des allers et venues sans trêve ni égard, ouvrageant glorieusement pour leur maître, lui-même très régulièrement présent en ces lieux. Faisant office de forteresse, il n’y avait pas un couloir où un mangemort n’ait trouvé sa place, assistant, à son degré, au spectacle de cette gigantesque machine de destruction et de terreur dont ils étaient tous, chacun d’entre eux, un maillon essentiel. Et sans doute Lucius et Narcissa se seraient-ils souciés bien davantage de cette intrusion si leurs craintes les plus fondées n’avaient pas été pour leur fils, Draco. Le tout fourmillait dans un espace pesant où même les plus loyaux d’entre tous les sujets du Seigneur des Ténèbres n’émettaient pas un soupir de crainte que cela fût interprété comme un outrage.

Par conséquent, aucune ambiance n’était plus étouffante que celle-ci pour un Rodolphus Lestrange au comble de la misanthropie. Non seulement il était condamné à fréquenter ses pairs, tous plus corrosifs et usants les uns que les autres, mais il devait, en outre, essuyer leurs nombreux regards et remarques, où pas un n’eut douté, à un moment ou à un autre, que la loyauté de la famille Lestrange avait subi cet étonnant tour de force ; Rabastan et Rodolphus, les clairs descendants, se faisaient d’une discrétion outrageusement condamnable et Bellatrix, Black avant d’être Lestrange, d’une expansivité toujours plus terrifiante, comme si les années avaient pu renverser la tendance qu’avec d’autant plus de violence.

Dans ces conditions, Rodolphus ne se priva pas de saisir la première opportunité qui lui permet de s’esquiver à la réunion au sommet qui se tenait ce soir-là. Une quarantaine de mangemorts était alors présent dans la vaste pièce et leur maître, fort de sa présidence, disloquait un certaine nombre de priorités jusqu’à rappeler avec force l’intérêt qu’ils avaient tous à anéantir les menaces potentielles ou réelles pesant encore sur leur domination. Cela n’avait pourtant guère empêché le mangemort de se lever lors d’un haussement de ton (au sujet, avait-il cru comprendre, d’un quelque individu dont qui ne saurait trop tarder à trouver la mort) et de disparaître derrière la porte avant même que les éclats de voix ne se soient étouffés. Il y avait toutes les chances qu’on ait noté son audace mais, pour tout dire, Rodolphus s’en souciât au moins autant que de ce qu’il s’en allait faire pour effacer le temps ; l’unique risque qu’il prenait était vis-à-vis de son maître et, ils le savaient tous les deux, il n’en pesait rien… Le Lord Noir savait tout de lui, perçait son esprit aisément et connaissait son extrême lassitude quant à l’effervescence oisive de ses compères. Il le connaissait jusqu’à cet esprit de rivalité maladif et meurtrier. Par la même, il savait aussi que Rodolphus ne souffrirait d’aucune crainte face à aucune menace, car tel en allait d’êtres n’ayant rien à perdre.

En s’engouffrant dans le couloir sur sa droite, il crut percevoir son nom appelé mais n’y prêta pas la moindre attention. A un moment, il eut même la nette sensation qu’un individu tâchait de lire en lui. Peine perdue… si puissant legilimens quiconque eut été, Rodolphus était sans doute bien meilleur occlumens ; son père y avait personnellement veillé. De la sorte, il ne s’attacha pas davantage à repousser ces quelques intrusions qui, à bien des égards, se faisaient davantage par de longs regards appuyés. Errant telle une ombre, il se contenta de pousser une porte qui, il le savait, conduisait à un nouveau couloir s’enfonçant dans les abysses de ce lieu reclus. En poussant quelques pas encore, il parvint jusqu’à une pièce sombre et humide, insalubre également - peut être la seule de tout le manoir - abandonnée tel un quelque placard, recouvrant par là même de très anciens objets. Si rien ici n’avait de véritable valeur, le confort y était précaire et substantiel, un paradis pour Rodolphus qui, ici, demeurait à portée de son maître mais hors d’atteinte de ses semblables. Patiemment, donc, ainsi que sûrement, il prit place dans un fauteuil défoncé et rongé, au demeurant bien confortable pour ce qu’il venait y chercher. En laissant reposer sa tête sur l’arrière, il prit une profonde inspiration et ferma les yeux.

Ses pensées se mélangèrent jusqu’à retracer un film discontinu et confus. Le tout se mêlait dans une sorte de capharnaüm gigantesque et sans fin où les images s’entrechoquaient sans logique ni cohérence. Ses émotions lui vrillaient les tempes et ses pensées agitaient sa conscience, laissant cet explosif cocktail retentir en lui comme un feu d’artifice. L’ensemble le faisait atrocement souffrir car, il l’avait compris, même lorsqu’il se sentait le plus froid et le plus insipide, le néant en lui était toujours lacéré par ce surplus que jamais il ne parvenait à canaliser tout à fait. Incapable de déverser cette spiritualité chaotique, il prenait toute l’apparence d’un volcan en éruption, dont les lentes coulées de lave auraient percé jusqu’à la moindre paroi de son cœur étouffé.
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Bellatrix Lestrange

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MessageSujet: Re: I would have butcher the whole world... ♦ Bella <3   Lun 1 Mar - 23:22

      Obsession enivrante, dévotion dévastatrice. Parée de l'émerveillement le plus primitif, Bellatrix n'avait plus d'yeux que pour le mage noir qui dispensait tour à tour menaces et semblants d'égards, comme si son champ de vision s'était dangereusement réduit à l'être qu'elle avait toujours sublimé. Comme si toute cette bande de lâches, d'opportunistes et d'hypocrites ne se trouvaient pas dans la même pièce. Peu d'individus ou même de créatures échappaient au mépris souverain de Bella, tous ceux qui, en réalité, n'étaient pas prêt à sacrifier jusqu'à leur propre vie pour une plus noble cause. Ils se targuaient tous d'être d'une fidélité sans faille, comme si l'attachement qu'ils accordaient à leur misérable existence n'était pas déjà une trahison en soi. Ils étaient tenu par un besoin de reconnaissance maladif et par la peur la plus méprisable. Voilà ce à quoi se réduisaient Lucius Malefoy et ses pairs, un affligeant tas de couards déguisés en bourreaux. Certains soirs, Bella se complaisait à imaginer un gigantesque bucher où elle pourrait faire disparaitre dans un vacarme de cris assourdissant toute la vermine qui pourrissait leur monde. Ce soir-là par exemple. Toute occupée à sa rêverie contemplative, elle ne manqua pas pour autant le départ prématuré de celui qui était son époux, ni les murmures éloquents qui lui servirent d'escorte. Elle était plus ou moins au courant des rumeurs qui couraient sur son compte : déloyauté, désintérêt et l'idée même que l'ainé des frères Lestrange ai pu trahir commençait à faire son chemin. Ineptie. Preuve en était que leur maitre n'y prêtait pas la moindre attention.

      Le dit maitre termina sur une note positive : il prévoyait d'envoyer ses mangemorts répandre la terreur un peu partout dans les jours prochains. Bella pria intérieurement pour qu'on lui réserve la plus grosse part du gâteau tandis qu'ils se dispersaient tous, plus ou moins rapidement selon leur degré de terreur. Les yeux fixés un moment sur l'espace vide que le Lord venait d'occuper quelques instants plus tôt, Bella se sentit tout à coup affreusement désoeuvrée. Il était rare et peu recommandable qu'elle se trouve dans une telle situation. En général, l'inactivité la conduisait à la torture et au meurtre. A la réflexion, peu de choses ne la menaient pas à la torture et au meurtre, mais elle se trouvait présentement particulièrement sur les nerfs. Non sans avoir adressé un sourire dément et parfaitement inquiétant à Goyle au préalable, elle quitta la pièce d'un pas agile. Elle erra un moment dans les couloirs du manoir de l'ô combien illustre famille Malefoy, en fredonnant vaguement un air oublié. Tout, des dorures au plafond jusqu'aux tapis richement décorés trahissaient le nombrilisme injustifié de ce cher Lucius. Mais Bellatrix n'y faisait même pas attention, comment l'aurait-elle pu ? Elle se frayait un chemin dans cette bâtisse comme dans la vie : guidée par son esprit malade, un vague sourire aux lèvres et l'envie de tout saccager qui lui brulait la poitrine. Cependant, une image furtive l'arrêta tout à coup. Elle tourna la tête, une expression indescriptible sur le visage, d'une neutralité qui ne lui ressemblait pas. Là, dans la pénombre, il y avait Rodolphus. Bella fit un pas en avant, entrant à demi dans la pièce, hésita à en faire un second, puis se ravisa. Il était étrange comme cet homme et nul autre, pouvait faire naitre ce genre de sentiment en elle. L'hésitation, étrange.

      Parce que si elle avait su, si elle avait pu ne serait-ce qu'envisager une infime part du supplice qu'elle lui faisait endurer, elle n'aurait probablement même pas osé s'arrêter. Cruelle ironie. L'une des rares créatures qu'elle croyait épargner souffrait le pire des tourments. Et pourtant, la petite voix dans sa tête qui lui intimait l'ordre de tous les faire périr par le feu, de cracher sur les faibles et d'aduler les ténèbres se terrait dans un curieux silence en sa présence. Elle avait la sensation … l'instinct qu'elle ne pouvait pas lui infliger son rire sardonique, ses comptines insensées et ses courses folles. Vestige d'un amour passé, trop intense et douloureux pour ne pas laisser de séquelles, en l'occurrence cette forme de respect qu'elle lui témoignait toujours. Comme une sorte de flamme minuscule qui lutterait contre une tornade.
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Rodolphus Lestrange

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MessageSujet: Re: I would have butcher the whole world... ♦ Bella <3   Mar 9 Mar - 14:56

Pendant un temps, Rodolphus avait cru au bonheur. Non pas comme cette conception immaculée et innocente où tout est au mieux dans le meilleur des mondes mais plutôt comme un moment de l’existence où il avait cru, fermement et avec tout l’espoir que l’humain peut nourrir, que sa vie ne pouvait plus s’améliorer. Les choses lui convenaient, les circonstances lui prêtaient avantage et, pour tout admettre, aurait-il trouvé une moindre chose de laquelle se plaindre qu’il e se serait considéré d’une avidité condamnable. Il avait obtenu tout ce dont il avait espéré, tout ce à quoi on l’avait promis, et ce jusqu’à ce que son monde, cette citadelle brillamment ouvragée par les ans, révèle à sa conscience des failles d’une intenable intensité. Quoi que ce fût des choses qui, toujours, avaient été là, silencieuses et perfides, Rodolphus n’avait été amené à s’y confronter qu’après qu’il eut été possible d’y remédier.
Ainsi avait-il ôté la vie à ses propres parents, ainsi avait-il procuré la mort à bien des individus innocents, ainsi avait-il été condamné à périr à Azkaban pour sa plus naturelle allégeance… mais, surtout, était-il fatalement réduit à l’état de pur esclave d’une sensibilité au demeurant bien cruelle car d’un sens absolument unique.

Cet infernal tournait devant ses yeux chaque fois qu’il fermait les paupières, anéantissant ses jours comme ses nuits d’infinies tourments. Rien ne l’eut renvoyé à quelque chose qui, à un moment donné, lui avait causé quelque tort. Systématiquement, et comme se plaisaient à le faire la grande majeure partie des dépressifs, il envenimait les affres dont il souffrait jusqu’à s’enclaver dans un mécanisme vicieux et répétitif. Ad vitam aeternam.

Ainsi quand Rodolphus sentit que des pas, caractéristiques et venant tout juste de passer, venaient en sa direction, il prit grand soin de relever comme cette démarche ne pouvait être que celle de Bellatrix. Ah, Bellatrix… et il aurait reconnu entre mille cet aplomb impudent comme si, parmi ses pairs, elle avait aussi réussi à régner sans partage. Et puis, bien au-delà de cela, une flagrance particulière lui parvint bientôt aux narines de sorte qu’il ne put douter un seul instant de cette hasardeuse visiteuse qui, d’ailleurs, se rétracta sans doute dans son intention. Si Rodolphus le comprenait avec une si grande pertinence, c’était parce que nul mieux que lui ne savait tout à la fois connaître la profondeur de sa démence et tempérer ses ardeurs assassines. Bellatrix, qui qu’elle fût, n’en demeurait pas moins Bellatrix Lestrange.

Sans même ouvrir les yeux, la tête reposant sur le dossier de l’insalubre fauteuil, Rodolphus consentit tout d’abord un soupir. Elle lui était proche, il le sentait, un peu aussi car sa conscience de legilimens - quoi que médiocre - ne cessait jamais d’être en alerte. En certitude, donc, il laissa le sombre liquide de son discours caresser l’amertume de ses lèvres. « J’imagine que mon départ a eu un effet redoutable sur ces moitiés de sorciers compétents. » Froid. Uniforme. Déclaratif. Son propos ne laissait pas ni à la répartie ni au doute et, en outre, n’appelait aucune réponse. « Mais ça ne me préoccupe pas, continua-t-il avec la même neutralité. Pas plus que le Seigneur des Ténèbres. »
Quelque chose sonnait mal dans tout ce qu’il disait, comme un accord inapproprié, ou juste trop audacieux. Ce n’était pas qu’il n’eut pas pensé tout ce qu’il disait (tout était bien fondé) mais ce n’était qu’à la lumière de ce qu’il s’apprêtait à dire que tout ce préambule prenait son sens… et sa nette sonorité. « Mais je me demande souvent, reprit-il du même ton, et je te demande maintenant, ajouta-t-il ensuite, si cela t’affecte d’une quelque façon… » Et ainsi tout fût dit.

Dans les secondes qui suivirent, Rodolphus se redressa alors même qu’il ouvrait les yeux. Il oublia jusqu’à la légère pénombre répandue dans la pièce et fendant son visage d’une phosphorescence paradoxale. Il la voyait clairement, là où même la porte ne découvrait pas tout à fait le couloir. Il avait même besoin de la voir, de capter de ses yeux propos chaque trait qui, mis bout à bout, donnait tout le relief à la femme que, d’un amour désespéré, il tentait péniblement chaque jour de retenir.

Car c’était bien cela qui se jouait en une telle question… et tellement plus. En réalité, Bellatrix et Rodolphus Lestrange était tout à la fois le couple le plus improbable et le plus légitime qu’on eut vu depuis bien longtemps de ce côté-ci de la guerre. Mais cela n’empêchait en rien leurs existences respectives de se croiser sans toute fois se heurter. C’était invraisemblable et délicat, mais Rodolphus ne cherchait pas, en cette heure, à comprendre ce qu’il en était réellement. Tout ce qu’il espérait, à cet instant précis, ce n’était que savoir, réellement, si elle ressentait seulement quelque chose…

Naïf. Pauvre, insipide et naïf petit être que Rodolphus Lestrange.


Dernière édition par Rodolphus Lestrange le Lun 14 Juin - 19:01, édité 2 fois
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Bellatrix Lestrange

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MessageSujet: Re: I would have butcher the whole world... ♦ Bella <3   Sam 27 Mar - 17:00

Bellatrix ne répondit pas immédiatement. Ses yeux s'habituant peu à peu à l'obscurité, elle se contentait d'observer ce visage à la fois familier et trouble, comme dans une sorte de rêve trop réaliste. Elle ressemblait chaque jour un peu plus à un animal sauvage : survoltée au combat et parée de cette méfiance farouche dès qu'on daignait poser les yeux sur elle. Plaisir insolent et tendance à l'humour dans les situations inappropriées, tristes réminiscences d'humanité. Le temps, l'espace et les hommes lui échappaient, à tel point qu'elle envisageait le monde comme une gigantesque balançoire, expérience jouissive dont on se lasse bien vite.

Elle se décida à entrer vraiment. Longeant le mur, ses doigts effleurèrent la tapisserie pourpre et or au faste émoussé. Bella ne le regardait plus, elle ne réfléchissait pas non plus à la réponse qu'elle s'apprêtait à lui donner. Au loin, le rire gras de Dolohov perturba son étrange quiétude. Elle décrivait de lents cercles autour de son siège tout en écoutant le bruit étouffé de sa propre robe qui frayait avec le parquet. Et puis elle s'arrêta et posa ses mains sur le dossier piqué. Elle se pencha doucement, avec la délicatesse rare propre aux maniaques et ses lèvres touchaient presque l'oreille de son amour passé lorsqu'elle mit enfin un terme à ce silence. « Ils se croient à l'abris tu sais. Tous ces moins que rien pensent se trouver du bon côté, comme s'ils allaient assurer leur avenir médiocre. » Elle marqua une pause, puis reprit un peu plus bas. « Ils n'en savent rien mais nous les écraserons. C'est le sort qu'on réserve aux insectes. Je veux les voir agoniser avant même qu'ils aient pu savourer un semblant de victoire. Qu'ils parlent Rodolphus, ils n'en auront bientôt plus le loisir. » Cette perspective la galvanisait et on pouvait presque, au son de sa voix, imaginer le sourire dément qui naissait sur son visage.

Non, elle ne doutait pas de son allégeance. Elle n'avait même pas songé qu'il put en être autrement. Or elle ne lui en dirait rien. Parmi ses souvenirs troublés, subsistait celui de leur recherche incessante du seigneur des ténèbres, leur refus catégorique de croire à sa mort et puis Azkaban. Azkaban qui avait eu raison de sa mémoire, du peu d'équilibre mental qu'il lui restait et de qu'ils avaient réussit à créer ensembles, une imperfection délicieuse qui lui était dorénavant étrangère. Voilà pourquoi elle était incapable à présent de comprendre, de voir que son compagnon ne partageait pas sa fougue. Elle ne saisissait pas cette mélancolie, ce mal-être que tous avaient remarqué, mal interprété certes, mais remarqué cependant, alors même qu'ils ne savaient rien de lui. Un géant avait placé des barrières dans son esprit : juste là, où l'émotivité, la compassion et la subtilité tentaient en vain de garder la tête hors de l'eau. Il l'avait connue cruelle et libre. Cruelle elle l'était restée. Libre ? Un peu moins. Persuadée que nul n'avait d'empire sur elle, hormi le maitre qu'elle s'était choisie, elle ignorait combien sa vie tourmentée lui avait arraché jusqu'à la dernière parcelle de libre arbitre. Elle participait à une grande oeuvre, sublime et grandiloquente et on l'autorisait bien volontiers à tout saccager sur son passage. Non, elle n'avait décidément besoin de rien d'autre pour satisfaire son épanouissement personnel.

Elle se redressa prestement et reprit sa ronde incessante, l'image du grand bucher prometteur s'inscrivant plus violemment que jamais dans son esprit. Elle poursuivait, imperturbable. « Que dirais-tu d'entamer les festivités avec notre hôte ? Je satisferai par la même son égo surdimensionné. Je serais même tentée de régler ça maintenant, il faut avouer qu'il nous est particulièrement inutile depuis un moment. » Littéralement perdue dans ses divagations mégalos, elle esquivait une fois de plus inconsciemment la question.
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